Quelques repères historiques
Il n’existe que très peu de récits historiques écrits sur la Corée qui précède notre ère. Mais selon la légende, la nation coréenne apparaît au IIIe millénaire av. notre ère avec le roi Dangun.
Les racines culturelles caractéristiques de la Corée se sont implantées au 1° siècle av. notre ère. Les origines de l’identité coréenne commencent pendant la période des Trois Royaumes de Corée: Le royaume de Koguryŏ “고구려” au nord (créé vers 37 av. JC), le royaume de Baekje “백제” au sud-ouest (créé vers 18 av. JC) et le royaume de Silla “신라” au sud-est (créé vers 57 av. JC).
En 668 av JC, la péninsule coréenne est unifiée suite à la conquête des autres États par le royaume de Silla. Cependant, ce fût de courte durée. Entre 892 et 935, les Trois États remettent en cause la domination du royaume de Silla unifié. Elle est considéré comme fébrile au vue des soulèvements civils à cause de la taxation excessive de la population.
Suite à la deuxième unification et à la disparition du royaume de Silla unifié, la dynastie Koryo (fondée en 918) devient le leadership de la péninsule coréenne.
La dynastie Koryo (고려) et le confucianisme
Commençons par une définition du confucianisme. Le confucianisme est une doctrine philosophique, elle est associée aux enseignements du philosophe chinois Confucius. C’est l’aspect pratique qui est privilégie de l’existence plutôt que son aspect spirituel. D’après ces préceptes, les groupes sociaux qui remplissent des rôles et une éthique bien définis permettent de préserver l’harmonie et l’ordre dans la société.
Malgré l’influence du bouddhisme comme religion d’Etat, le confucianisme modélise la structure du gouvernement coréen.
Ainsi, en 992, le roi Seongjong (6° roi de la dynastie Koryo) fonde Gukjagam, une institution scolaire d’élite et accessible à tous. Elle est spécialisée dans les études des doctrines confucéennes. En effet, les idéologues confucéens mettent en place l’idéologie de l’Etat, par la loyauté envers le gouvernement et la dévotion filiale.
À la moitié de la dynastie Koryo, le bouddhisme perd de sa puissance comme religion d’Etat et décline. Celle ci laisse place au confucianisme jusqu’en 1392, où la dynastie Koryo prend fin et cède sa place à la dynastie Chosŏn.
L’héritage de la dynastie Chosŏn (조선) dans la Corée du Sud actuelle
La période dynastie Chosŏn, ou Joseon, (1392 – 1910) est la plus longue et dernière dynastie de Corée. Aux yeux des coréens, elle incarne leur passé. Elle réforme les préceptes confucéens en instaurant un appel à la vertu pour discipliner les passions et les intérêts. C’est ainsi que naît le néoconfucianisme et l’identité coréenne que nous connaissons actuellement.
Elle laisse comme héritage à la Corée du Sud les fondements de la société coréenne comme la création de la langue coréenne et la fondation de la capitale Hanyang (l’actuel Séoul). Elle signifie littéralement « matin frais« . On en conclu que la traduction inexacte de ce nom en « matin calme » est désormais employée avec succès de nos jours pour désigner la Corée de manière générique.
Les aspects de cette réorganisation sociale majeure résulte de ce qu’on appelle communément aujourd’hui la “culture” et la “tradition” coréenne.
Pour exemple, les coréens se présenteront souvent en donnant leur nom de famille et non leur prénom (comme nous avons l’habitude de le faire). C’est une façon pour eux de montrer une appartenance à un “clan”. La dévotion à l’égard des parents et de la famille, la loyauté envers les amis et le sérieux dans l’éducation. Les études sont les premières caractéristiques du néoconfucianisme que les occidentaux retrouvent souvent à travers les dramas.
En bref, l’identité coréenne s’est fondée sur de nombreux principes influencés par le confucianisme. Cette identité propre à la Corée et les vestiges de ces principes sont ancrés dans la société moderne. C’est ainsi que le lien est indissociable des pratiques sociales et culturelles, de l’organisation de la société, de la politique et des institutions. En conclusion, ce sont ces valeurs qui font le charme du pays au matin calme.
Confucianisme
